Manifestation à Paris contre loi sur l’emploi

L’Elysée, qui surveille avec une pointe d’angoisse le climat social, parie sur une faible mobilisation.

Depuis la signature le 11 janvier de l’accord sur la sécurisation de l’emploi par trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) et le patronat, la CGT et FO, qui ont refusé leur paraphe, dénoncent une «régression sociale» et reprochent à l’accord de faciliter les licenciements et d’accroître la précarité. Pour la première fois, ils ont lancé un appel commun à manifester.

FO et la CGT main dans la main à Paris

174 manifestations et rassemblements sont recensés sur le territoire national, selon la CGT. En début d’après-midi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés place du Châtelet, à Paris, avant de commencer à se diriger vers l’Assemblée nationale via la rue de Rivoli et la place de la Concorde.

«Tous les paragraphes de l’accord consistent à fragiliser les salariés, à remettre en cause le contrat de travail, a déclaré Bernard Thibault secrétaire général de la CGT. On veut influencer la réflexion des parlementaires». Pour sa part, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a estimé que «cet accord ratait sa cible». Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, il faut «ouvrir de nouvelles discussions parce qu’on voit bien sa fragilité quand deux grandes confédérations y sont totalement opposées».

Dans la matinée, des milliers de salariés étaient déjà descendus dans la rue dans plusieurs villes : entre 2 300 et 7 000 personnes à Lyon, entre 1 800 et 500 manifestants à Toulouse, plusieurs milliers de personnes à Marseille et 1 500 manifestants à Clermont-Ferrand.

Des préavis de grève ont été déposés dans de nombreux secteurs. Mais à la SNCF et à la RATP les directions prévoient un trafic normal, excepté dans le RER D (deux trains sur trois) et de la ligne Paris-Nice. Dans des départements, les syndicats étudiant UNEF et lycéen UNL se sont notamment associés au mouvement.

Thibault espère des «centaines de milliers de personnes
»

Interrogé sur France Inter, Bernard Thibault espère voir défiler plusieurs «centaines de milliers de personnes dans les rues». Il avait pourtant appelé à voter pour François Hollande lors de la présidentielle. «C’est assez inconfortable d’appeler à manifester contre François Hollande. Là où il y a une déception, c’est de constater que, dans les rangs du gouvernement, il y a sur un certain nombre de sujets sur lesquels il y a plus d’écho fait aux théories patronales qu’à ce que peut dire la CGT. Selon nous, ce projet de texte va affaiblir les droits des salariés», a-t-il confié sur Europe 1. Et si cela ne suffit pas, «nous continuerons à accroître la pression», a-t-il promis.

«Plus de la moitié des travailleurs contre le texte emploi», estime Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, qui devait lui aussi manifester, a assuré que les opposants à ce texte «dangereux, régressif, anti-social», représentent bien plus que la moitié des travailleurs.

Sur RTL, l’eurodéputé a énuméré les organisations qui n’ont pas signé cet accord avec le Medef, affirmant : «Tout le monde est contre ce qui représente très largement beaucoup plus que 50% des travailleurs.» Il a également critiqué avec vigueur les dispositions de ce texte, y compris la taxation des emplois courts, en relevant que l’intérim n’est pas impliqué par cette mesure. «Le patronat a signé des deux mains cette partie de l’accord et avec le sourire, et en disant qu’au total cela lui rapportait 45 milliards. Croyez-vous qu’une mesure qui est censée bénéficier aux ouvriers rapporte 45 milliards aux grands patrons ? Non, bien sûr».

Un texte applicable dès le mois de mai

L’accord des partenaires sociaux a été transposé sans grande modification par le gouvernement et le projet sera sur la table du Conseil des ministres mercredi. Il sera ensuite en débat, début avril, à l’Assemblée nationale en procédure d’urgence, et au Sénat fin avril. «Début mai ce texte sera applicable», a affirmé M. Sapin. «Il faut sauver des emplois le plus rapidement possible, il y a urgence, donc on agit dans l’urgence», a-t-il dit.

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